Valérie Fernandez

Par Valérie Fernandez

23 mai 2019

Entreprise

L’intervention post-traumatique : pour éviter que les événements prennent le dessus

Dans un milieu de travail, aucune équipe n’est à l’abri d’événements susceptibles d’entraver l’équilibre de ses membres. Suicide d’un collègue, accident qui fait de nombreuses victimes, mises à pied massives, catastrophe… Voilà quelques événements pouvant causer un stress tel qu’il pourrait empêcher certains employés de fonctionner normalement. En tant que gestionnaire, vous devez être préparé à réagir vite et de façon adéquate.

Le stress post-traumatique

Les événements qui mettent des vies – la sienne ou celle de proches – en danger ou qui s’accompagnent d’une charge émotive très lourde causent souvent des réactions physiques et psychologiques chez les personnes qui y sont confrontées. Normal. Rythme cardiaque accéléré, poussée d’adrénaline, peur intense, anxiété… Chacun réagit différemment. Généralement, quelques heures après l’événement, ces manifestations disparaissent. Il restera, bien sûr, des émotions, des souvenirs, mais généralement sans la même intensité.

Toutefois, certaines personnes continuent de réagir fortement et ressentent des symptômes spécifiques qui font suite à l’exposition à l’événement traumatisant. On parle alors de trouble de stress post-traumatique. Selon l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, dans les semaines qui suivent un acte criminel, environ 1 personne sur 3 serait aux prises avec un état de stress aigu.

Des symptômes à ne pas négliger

L’état de stress post-traumatique peut apparaître, le plus souvent, au cours des trois mois qui suivent l’événement qui en est la cause. Dans certains cas, toutefois, des symptômes peuvent apparaître après plusieurs années.

L’Institut universitaire en santé mentale de Montréal relève quatre catégories de symptômes associés à un état de stress post-traumatique :

  1. La personne atteinte vit de façon répétitive l’événement qui l’a traumatisée, que ce soit par des souvenirs qui la submergent, par des cauchemars, des « flashbacks » ou des sentiments intenses lors de l’exposition à des éléments qui rappellent l’événement en question.
  2. La personne cherche à éviter tout élément qui soit associé à l’événement. Elle évite de retourner sur certains lieux, évite les gens impliqués ou les activités susceptibles de lui rappeler l’événement en question.
  3. La personne vit des émotions négatives qui sont apparues à la suite de l’événement ou encore voit ces émotions amplifiées : tendance à se blâmer ou à blâmer les autres, sentiment persistant de peur, de honte, de colère, de culpabilité, perte d’intérêt pour des activités qui lui plaisaient auparavant, incapacité à ressentir des émotions positives, sentiment d’être détachée, étrangère aux autres, etc.
  4. La personne présente un état d’hyperéveil : insomnie, irritabilité, difficulté de concentration, état d’hypervigilance, sursauts, etc.

Le rôle du gestionnaire

En tant que gestionnaire, lorsque des événements susceptibles de causer un stress intense surviennent dans l’organisation ou dans une unité d’affaires, vous pouvez agir en amont pour éviter que le stress s’installe et dégénère en état de stress post-traumatique et même qu’il devienne chronique.

En amont, votre organisation devrait disposer d’une politique ou de lignes directrices quant aux interventions qu’il convient de réaliser en cas d’événements traumatisants. Si ce n’est pas le cas, il serait judicieux d’en élaborer une.

Par ailleurs, sachez qu’une intervention post-traumatique est plus efficace lorsqu’elle est réalisée rapidement après les événements. Ainsi, dans les 72 h, veillez à ce que de l’aide soit offerte aux employés. Le plus souvent, cette aide prendra la forme de débriefing, c’est-à-dire que les employés sont appelés à parler de ce qu’ils ont vécu à un spécialiste, souvent un psychologue, lors d’une séance de « debriefing ». Cette intervention permet :

  • d’éviter que les symptômes persistent;
  • d’évacuer les émotions, de libérer les employés d’une charge émotive trop lourde;
  • de relativiser les événements et les pensées qui entretiennent un sentiment de peur;
  • de favoriser, chez les employés, un retour à l’équilibre.

Mises à pied massives et restructurations : prévenir les expériences traumatisantes

Le contexte dans lequel les organisations d’aujourd’hui évoluent fait également en sorte que les employés vivent, dans leur milieu de travail, certaines expériences difficiles. C’est le cas notamment des employés confrontés à une mise à pied ou lorsque d’importantes restructurations affectent le travail des personnes. Si tel est le cas dans votre organisation, un bon réflexe serait de prévoir des services d’intervention de type post-traumatique dans votre plan de gestion des changements. Vous permettrez ainsi aux employés qui restent dans l’organisation de mieux traverser cette période de bouleversements et d’éviter de nourrir des sentiments tels que de la culpabilité ou des craintes trop intenses.

Et ensuite?

Après le débriefing. Il est possible que des employés aient encore besoin d’un soutien. En tant que gestionnaires, vous pouvez les aider. Si vous constatez que leur fonctionnement normal semble altéré et que leur équilibre psychologique est précaire, n’hésitez pas à les reporter à leur programme d’aide aux employés ou à d’autres ressources spécialisées. Certaines personnes pourraient être tentées de s’en sortir seules. C’est possible, mais une aide appropriée peut accélérer le processus de guérison.

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